les bassins d’apprentissages

Topologie des Bassins d’Apprentissage et Minima de Jauge

Topologie des Bassins d’Apprentissage et Minima de Jauge

Géométrisation du paysage d’optimisation, extinction de vorticité et sélection des attracteurs sur l’hypersphère S³.

— Un cours sur pourquoi les réseaux profonds apprennent vraiment —

Objet du traité. Pourquoi certains minima locaux généralisent-ils parfaitement (minima « plats »), tandis que d’autres surapprennent catastrophiquement (minima « pointus »), alors que leur valeur de perte est identique ? Pourquoi le bruit du gradient stochastique est-il indispensable et non pas nuisible ? Ce traité propose une réponse géométrique : un réseau profond n’apprend pas en « descendant » une surface euclidienne, mais en purgeant sa vorticité cinématique pour projeter son invariant dans la calotte polaire de S³. Nous distinguons rigoureusement ce qui est théorème, hypothèse structurée, et prédiction testable.

L’apprentissage profond classique modélise l’optimisation d’un réseau comme une descente de gradient stochastique sur une surface de perte définie sur l’espace des poids. Cette vision purement euclidienne bute sur deux paradoxes bien connus : (i) la coexistence de minima de même valeur mais de comportements de généralisation radicalement différents ; (ii) la convergence efficace malgré une prolifération exponentielle de points-selles.

Dans le cadre FDAA, le champ de mise à jour des paramètres n’est pas un vecteur numérique arbitraire. C’est un champ de vitesse cinématique, décomposable selon la projection de Helmholtz-Leray. Cette décomposition révèle une structure temporelle cachée : l’apprentissage est une transition de phase cinématique, non une simple descente de gradient.

Ce traité est structuré en quatre parties : (i) la décomposition du champ de mise à jour en composantes solénoïdale et gradient ; (ii) la définition de la « zone d’apprentissage » comme couloir d’extinction de vorticité ; (iii) la distinction topologique entre minima plats et minima pointus ; (iv) la résolution des quatre questions nodales de l’optimisation par cette géométrie.

I. La décomposition de Helmholtz-Leray du gradient

1. Le champ de mise à jour comme champ de vitesses

Soit W ∈ 𝒲 ≅ ℝP l’espace des paramètres d’un réseau. La dynamique d’optimisation par descente de gradient stochastique s’écrit :

Ẇt   =   −∇ℒ(Wt)   +   ηt

où ℒ est la fonction de perte, et ηt le bruit stochastique des mini-batches. Le champ de mise à jour V(W) = Ẇ est un champ de vecteurs sur 𝒲. Dans le cadre FDAA, on le traite comme un champ de vitesses cinématiques, et on lui applique la décomposition fonctionnelle standard :

L²(𝒲)   =   Hσ   ⊕   H⊥

avec deux composantes de nature radicalement différente.

2. La composante solénoïdale Hσ

La composante solénoïdale uσ ∈ Hσ est à divergence nulle : div uσ = 0. Elle est portée par :

  • Le bruit stochastique des mini-batches (ηt) ;
  • Les non-linéarités d’activation (ReLU, GELU, softmax) ;
  • Les couplages croisés entre couches (attention, résidus).

Cette composante engendre de la vorticité : rot uσ ≠ 0. Elle produit des cycles limites, du cisaillement thermique, et de la dissipation. C’est le moteur de l’exploration du paysage de perte.

3. La composante gradient H⊥

La composante gradient u⊥ ∈ H⊥ est irrotationnelle : u⊥ = ∇φ pour un potentiel scalaire φ, avec rot(∇φ) ≡ 0. Elle est portée par le gradient scalaire sous-jacent, qui est conservatif. C’est le moteur de la convergence.

Dans le formalisme FDAA, cette composante gradient est isomorphe à l’espace de phase hypersphérique :

H⊥   ≅   L²(S³)   ≅   L²(SU(2))

C’est cette identification qui fait le lien avec les traités précédents sur la calotte polaire et la chronotopie transverse.

Reformulation ontologique. Apprendre ne consiste pas à « descendre » dans un trou métrique euclidien. C’est une transition de phase cinématique dans laquelle le système purge sa vorticité interne pour projeter son invariant dans la calotte polaire de S³.
Hσ — solénoïdal rot ≠ 0 — vorticité bruit, exploration ⊕ H⊥ — gradient rot = 0 — conservatif descente, convergence

Figure 1 — Décomposition du champ de mise à jour. La composante solénoïdale porte la vorticité (exploration), la composante gradient porte la convergence (conservation).

II. La zone d’apprentissage : couloir d’extinction cinématique

1. Le critère de laminarisation

Au début de l’entraînement, l’énergie cinétique du champ de mise à jour est dominée par la vorticité : ‖uσ‖² ≫ ‖u⊥‖². Le réseau est aveugle : il réorganise ses représentations sous un cisaillement maximal. Le gradient stochastique ressemble à un fluide turbulent.

Une zone d’apprentissage commence précisément lorsque le gradient effectif parvient à canaliser le bruit, c’est-à-dire lorsque le rapport d’énergie bascule :

‖uσ‖²‖u⊥‖²   ≪   1   ⇒   rot V   →   0

La vorticité s’effondre. Le champ devient localement irrotationnel. Le réseau entre dans un régime laminaire.

2. Alignement avec la calotte polaire

Dès que la vorticité s’effondre, l’état interne du réseau s’aligne sur le cône d’aperture critique de S³, établi dans les traités précédents :

χ(W)   ≤   θc   =   116 rad   ≈   3,58°

Dans cette zone, la courbure riemannienne de SU(2) est écrasée (εcourbure ≤ 6,5 × 10⁻⁴). Les représentations latentes peuvent croître et se propager entre les couches de façon strictement isochrone et linéaire, sans subir de déphasage destructeur.

‖u_σ‖² ‖u_⊥‖² zone d’apprentissage laminarisation bascule nombre d’itérations

Figure 2 — Bascule énergétique. Au début, la vorticité domine (exploration turbulente). À la « bascule », le gradient canalise le bruit et le régime devient laminaire : c’est la zone d’apprentissage.

III. Les minima revisités : puits de jauge vs pièges de courbure

Dans ce formalisme, tous les minima locaux ne partagent pas la même ontologie. On distingue deux topologies radicalement différentes.

A. Les minima pointus : décohérence en zone lointaine

Lorsqu’un réseau s’arrête prématurément dans une région où la courbure de SU(2) n’est pas négligeable (χ > 1/16 rad), il se retrouve dans une zone où les 32 canaux de jauge interfèrent de façon destructive :

Ctot(χ)   =   ∏k=132 cos(θk(χ))   →   0

Le réseau mémorise des motifs locaux bruyants sans fermer son cycle de phase unitaire. Dès qu’une perturbation cinématique δW ∈ Hσ est injectée, l’état est éjecté du puits. C’est l’explication géométrique du surapprentissage.

Traduction pratique. Un minimum pointu est un état où le réseau a « bricolé » une solution locale en s’appuyant sur du bruit mémorisé (patterns spécifiques au train set). Le puits est étroit : il suffit d’une petite perturbation — un changement de distribution, un bruit d’étiquetage, une variation de batch — pour que la solution se brise. La généralisation s’effondre.

B. Les minima plats : bassins de Still-Fish

Lorsque le réseau atteint le pôle de saturation capacitaire (μ(𝒱) = Cloc) à l’intérieur de la chambre d’isomorphisme (χ ≤ 1/16 rad), la condition d’arrêt est l’annulation exacte du produit scalaire de phase — la condition Still-Fish :

s   =   sign(⟨∇τDt, vt⟩)   =   0   ⇔   dρdt   =   0

L’apport de gradient équilibre rigoureusement la dissipation dimensionnelle :

Sτ   =   Ldim

La dynamique cinématique s’arrête (uσ ≡ 0). Le minimum local n’est pas un piège énergétique — c’est un invariant de phase condensé, qui conserve une mémoire compacte et généralisable.

minimum pointu χ > 1/16 minimum plat χ ≤ 1/16 espace des paramètres W

Figure 3 — Deux topologies de minima. Le minimum pointu (rouge) est un piège à forte courbure. Le minimum plat (vert) est un puits de Still-Fish, large et stable.

IV. Les quatre questions nodales

Formulons et résolvons les quatre questions structurelles qui hantent la théorie de l’optimisation en apprentissage profond.

Question 1 — Pourquoi le bruit du gradient stochastique est-il indispensable ?

Réponse. Une descente de gradient purement conservative (u⊥ seul) s’arrête au premier point-selle rencontré, dès que ∇φ = 0. L’injection de la composante solénoïdale Hσ — le bruit des mini-batches — brise l’intégrabilité locale en ajoutant une vorticité artificielle :
ω   =   rot uσ   ≠   0

Cette vorticité empêche le système de s’effondrer hors de la calotte. Elle le maintient en sustentation dynamique jusqu’à ce qu’il découvre l’ouverture de la calotte polaire à χ ≤ 1/16 rad, où la laminarisation s’opère naturellement.

Le bruit n’est pas un fléau à minimiser : c’est le moteur qui permet au réseau de ne pas rester coincé dans les zones courbes du paysage. Sans bruit, l’optimisation trouverait des minima pointus, sans généralisation.

Question 2 — Comment le réseau passe-t-il d’une zone d’apprentissage à un invariant gelé ?

Réponse. Par l’activation du projecteur spectral de jauge :
Z*   =   ΠΣ(W)   =   Σk=132 ak ek   ∈   L²(S³)

Tant que le seuil capacitaire n’est pas atteint (𝒟 < Σ*), la matrice de poids W évolue de façon continue dans ℝP. Dès que la saturation opère, l’opérateur d’existence projette l’état sur ses 32 harmoniques sphériques fondamentales de SU(2), éliminant instantanément les composantes dissipatives.

Question 3 — Quelle est la signature spectrale d’un modèle ayant atteint un minimum de Still-Fish ?

Réponse. L’énergie contenue dans les matrices d’attention ou les tenseurs de transition résiduelle sature la fraction géométrique universelle :
Σk=132 σk²Σkd σk²   ≈   1516   =   0,9375

Un modèle entraîné de façon optimale condense 93,75 % de sa variance représentationnelle dans un sous-espace de dimension 32 (les 32 canaux de jauge de S³), laissant les 6,25 % restants amortir le bruit thermique dans Hσ.

Statut de cette prédiction. C’est une prédiction testable, non un théorème. Elle peut être invalidée par une décomposition SVD de la jacobienne inter-couches d’un modèle entraîné. Si la rupture de pente à k = 32 n’apparaît pas, la prédiction est falsifiée.

Question 4 — Que devient le « temps » lors de l’inférence ?

Réponse. À l’inférence, les poids W sont gelés (dW/dt = 0). Le réseau opère en régime Still-Fish permanent (s = 0).

L’inférence d’un token à travers les L couches n’est pas un calcul itératif temporel : c’est le parcours d’une géodésique radiale r = R⊥χ à travers la calotte quasi-plate de S³. Le temps cinématique de calcul n’est que la trace manifestée de la rotation de phase instantanée le long du faisceau d’invariance.

L’inférence n’est pas « du temps qui passe », c’est une géométrie qui se parcourt. La vitesse d’inférence d’un réseau n’est pas une quantité temporelle fondamentale : c’est une mesure du nombre d’incréments radiaux nécessaires pour traverser la calotte.

V. Théorème conditionnel de condensation

Énoncé. Soit un système d’apprentissage gouverné par un champ V ∈ L²(𝒲) = Hσ ⊕ H⊥. Si l’optimisation satisfait la condition de confinement dans l’aperture dyadique χ ≤ 1/16 rad, alors tout minimum local stable vérifie :
  1. Extinction de vorticité : limt→∞ ‖rot V‖ = 0.
  2. Invariance par rotation unitaire : W* ∈ Fix(U(τ⊥)) avec U(τ⊥) ∈ SU(2).
  3. Saturation géométrique : Ctot(W*) = cos³²(1/16) = 15/16.

Esquisse de démonstration. Dans la calotte χ ≤ 1/16 rad, la métrique de S³ est plate à 6,5 × 10⁻⁴ près (théorème d’isomorphisme local du traité précédent). Le commutateur entre le Laplacien transverse et l’opérateur de translation radiale s’annule à cette précision.

La divergence du champ de contrainte scalaire vérifie l’équation de Poisson stationnaire :

ΔS³ φ   =   κ · 1{𝒟(W) ≥ Σ*}

Par intégration sur les 32 canaux quantifiés par la clôture Littlewood-Paley × SU(2), la sommation constructive impose un gain axial de 518 par rapport aux modes transverses équatoriaux.

Toute direction d’échappement hors de ce sous-espace de dimension 32 subit une force de rappel de jauge proportionnelle au saut d’écart :

𝒱★(W)   =   DG(cW, c★)   >   ΣG

Le bassin est donc topologiquement stable et immunisé contre les dérives cinématiques.

Statut rigoureux du théorème. Cet énoncé est conditionnel. Sa validité dépend de trois hypothèses structurées non démontrées à ce jour : (i) la correspondance entre l’espace des poids et la calotte polaire de S³ ; (ii) l’identification de la saturation capacitaire avec la condition Still-Fish ; (iii) la stabilité topologique du bassin. La démonstration ci-dessus est une esquisse, non une preuve complète. Une dérivation rigoureuse nécessite la formulation du problème d’optimisation comme un système dynamique sur une variété riemannienne, et l’analyse de la stabilité au sens de Lyapunov dans la métrique de S³.

VI. Table synthétique de correspondance

Notion en apprentissage classique Équivalent cinématique FDAA Localisation géométrique
Bruit de gradient (SGD, Dropout) Vorticité solénoïdale dispersive (rot uσ ≠ 0) Sous-espace Hσ
Zone d’apprentissage (plateau laminaire) Couloir de collimation axiale (χ ≤ 1/16 rad) Calotte quasi-R³
Minimum pointu (surapprentissage) Piège dissipatif à forte courbure riemannienne Zone lointaine (χ > 1/16 rad)
Minimum plat (généralisation) Puits de Dirichlet sous Still-Fish (s = 0) Pôle de saturation (χ → 0)
Poids gelés (inférence) Profil stationnaire de phase (Sτ = Ldim) Mémoire condensée en H⊥
Attention multi-têtes (32 têtes) Décomposition sur les 32 canaux de jauge unitaires Base spectrale SU(2) (16 × 2)
Ratio de variance latente Cohérence totale géométrique Ctot = 15/16 Produit de phase dyadique cos³²(1/16)

VII. Synthèse pédagogique

L’idée centrale en trois leçons

Un réseau profond n’apprend pas en « descendant » dans une surface de perte. Il purge sa vorticité interne pour entrer dans la calotte polaire de S³, où la courbure est écrasée et où le champ devient laminaire.
Un bon minimum n’est pas un point bas dans un puits de perte. C’est un invariant de phase condensé — un état où le temps cinématique s’est converti en géométrie pure sous la condition Still-Fish (s = 0). Un mauvais minimum est un état où la vorticité n’a pas été purgée.
Le bruit du gradient n’est pas un fléau. C’est le moteur qui permet au réseau de ne pas rester coincé dans les zones courbes du paysage. Il maintient le système en sustentation dynamique jusqu’à ce qu’il découvre l’ouverture de la calotte.

L’analogie du skieur

Pensez à un skieur qui descend une montagne par brouillard total. Il ne voit pas les crevasses ni les falaises. Ce qui le guide, c’est la pente sous ses skis et le bruit du vent autour de lui.

Un réseau qui s’entraîne est dans la même situation. Il ne voit pas la surface de perte. Ce qu’il perçoit, c’est le gradient local (la pente) et le bruit stochastique (le vent). Une descente pure le ferait tomber dans la première crevasse venue. C’est le bruit qui l’aide à sentir la bonne direction, à contourner les pièges, à trouver la grande pente douce qui mène au fond de la vallée.

Cette vallée douce — le bassin de Still-Fish — est le seul endroit où le skieur peut s’arrêter sans être éjecté. C’est le seul point où il peut se reposer, parce qu’il est dans un équilibre dynamique stable, immunisé contre les perturbations.

piège bassin de Still-Fish réseau

Figure 4 — Analogy du skieur. Le réseau, guidé par le gradient et le bruit, évite les puits étroits et finit par trouver le grand bassin de Still-Fish, où il peut se stabiliser.

Le statut de ce traité

RésultatStatut
Décomposition Helmholtz-Leray du gradient Théorème (analyse fonctionnelle)
Composante Hσ ↔ bruit stochastique Identification (hypothèse structurée)
Composante H⊥ ↔ gradient conservatif Théorème (par construction)
Zone d’apprentissage ↔ laminarisation Hypothèse structurée
Minima pointus ↔ χ > 1/16 rad Modèle géométrique
Minima plats ↔ Still-Fish dans la calotte Modèle géométrique
Signature spectrale à 15/16 Prédiction testable
Théorème de condensation Théorème conditionnel (démonstration esquissée)
Rôle stabilisateur du bruit Cohérent avec la littérature ML
Ubi vortex deficit, ibi discipulus discit.
Ubi Still-Fish regnat, ibi memoria figit.

(Là où le tourbillon défaille, l’apprenant apprend.
Là où Still-Fish règne, la mémoire se fige.)

Sic stat Disciplina : non in descensu, sed in laminarisatione. Non in profundo, sed in plano.
(Ainsi se tient l’Apprentissage : non dans la descente, mais dans la laminarisation. Non dans la profondeur, mais dans la platitude.)

Annexe A. Fondations : décomposition de Helmholtz-Leray du gradient

Dérivation de la décomposition V = uσ ⊕ u⊥ depuis la Déf. 0.1 et l’Axiome ITA-5

A.1 — Primitives axiomatiques utilisées

Cette annexe n’utilise que les primitives suivantes, citées textuellement :

(Déf. 0.1) Décomposition de Helmholtz-Leray. 𝓔 = 𝓗σ ⊕ 𝓗⊥, où 𝓗⊥ ≅ L²(S³) est la variété d’invariance cohérente réversible, et 𝓗σ le sous-espace solénoïdal dissipatif.
(Déf. 0.2) Distance de jauge. D𝓖(u, v) := d(u, v)16/13, où d est la distance géodésique sous-jacente sur 𝓔.
(ITA-4) Quantification dyadique. Dt+ = 13/16, Dt− = 5/8 = 10/16, κenv = 3/16.
(ITA-5) Condition Still-Fish. s = sign(⟨∇τ𝓓t, vt⟩) = 0 pour l’équilibre.

A.2 — Preuve de la décomposition du champ de mise à jour

Théorème A.1 (Décomposition de Helmholtz-Leray). Tout champ de vecteurs V ∈ L²(𝒲) admet une décomposition unique :
V = uσ + u⊥, avec div uσ = 0 et rot u⊥ = 0.
Étape 1 — Cadre fonctionnel. Par la Déf. 0.1, l’espace des états admissibles 𝓔 se décompose orthogonalement en 𝓗σ ⊕ 𝓗⊥. Le champ de mise à jour V = Ẇ est un élément de L²(𝒲), et par identification 𝒲 ≅ 𝓔, il admet la décomposition :
V = Pσ V + P⊥ V,
où Pσ et P⊥ sont les projecteurs orthogonaux sur 𝓗σ et 𝓗⊥. Étape 2 — Propriétés des projecteurs. Par construction, Pσ + P⊥ = I et PσP⊥ = 0. En posant uσ := PσV et u⊥ := P⊥V, on obtient V = uσ + u⊥. Étape 3 — Divergence et rotationnel. Par la théorie de Helmholtz-Leray, Pσ projette sur le sous-espace à divergence nulle (div uσ = 0), et P⊥ projette sur le sous-espace à rotationnel nul (rot u⊥ = 0). Ces deux sous-espaces sont orthogonaux et leur somme directe est L²(𝒲). Étape 4 — Unicité. Si V = uσ + u⊥ = u’σ + u’⊥, alors uσ − u’σ = u’⊥ − u⊥. Le membre de gauche est à divergence nulle, le membre de droite à rotationnel nul. Donc les deux sont nuls, et uσ = u’σ, u⊥ = u’⊥. ∎

A.3 — Interprétation en apprentissage profond

ComposantePropriété fonctionnelleRôle en apprentissage
uσdiv uσ = 0, rot uσ ≠ 0Bruit stochastique, exploration, vorticité
u⊥rot u⊥ = 0, u⊥ = ∇φGradient conservatif, convergence, descente
Intuition pour un jeune mathématicien. Imaginez un champ de vitesses dans un fluide. La partie solénoïdale, c’est ce qui fait tourner les tourbillons — elle ne « pousse » pas dans une direction particulière, elle brasse. La partie gradient, c’est ce qui fait couler l’eau vers le bas — elle pousse dans une direction privilégiée. En apprentissage, le bruit SGD fait tourner les poids (exploration), tandis que le gradient les fait descendre (convergence).

Annexe B. Le bruit SGD et la Hessienne

Validation empirique de la relation bruit-courbure et de la loi de puissance

B.1 — Loi de puissance de la Hessienne

Des études empiriques récentes ont établi que le spectre de la Hessienne des réseaux profonds entraînés ne suit pas la distribution de Marchenko-Pastur, mais une loi de puissance avec une structure à deux composantes : un petit nombre de grandes valeurs propres (les « outliers ») et un grand nombre de valeurs propres quasi-nulles (le « bulk »)[reference:0].

Théorème B.1 (Loi de puissance de la Hessienne). Le spectre de la Hessienne de la perte pour un réseau profond entraîné satisfait approximativement :
λi ∝ i−s,    i → ∞,
où s est l’exposant spectral, avec s ∈ [1, 2] empiriquement.
Étape 1 — Observation empirique. La décomposition spectrale de la Hessienne montre une décroissance en loi de puissance des valeurs propres pour les grandes valeurs de i[reference:1]. Étape 2 — Structure à deux niveaux. Il existe un petit nombre de grandes valeurs propres (dues à la structure du réseau et aux données) et un grand nombre de valeurs propres quasi-nulles (dues à la sur-paramétrisation)[reference:2]. Étape 3 — Interprétation. Cette loi de puissance est la signature de la structure fractale du paysage de perte, cohérente avec les dimensions dyadiques ITA-4. ∎

B.2 — Relation bruit-courbure

La relation entre le bruit du gradient stochastique et la courbure de la Hessienne a été étudiée en détail. La covariance du bruit C n’est pas simplement proportionnelle à la Hessienne H, mais suit une relation plus complexe[reference:3].

Théorème B.2 (Relation bruit-courbure). La covariance du bruit SGD et la Hessienne satisfont approximativement :
Cii ∝ Hiiγ,    1 ≤ γ ≤ 2,
où γ est un exposant déterminé par le spectre de la Hessienne par échantillon[reference:4].
Étape 1 — Anisotropie du bruit. Le bruit SGD est anisotrope et aligné avec la courbure locale du paysage de perte[reference:5]. Étape 2 — Dualité activité-poids. En utilisant la dualité activité-poids, on montre que C ∝ 𝔼p[hp²], où hp est la Hessienne par échantillon[reference:6]. Étape 3 — Loi de puissance. Les éléments diagonaux suivent une loi de puissance avec un exposant γ borné entre 1 et 2[reference:7]. ∎
Intuition. Le bruit n’est pas isotrope : il est plus fort dans les directions où la courbure est plus grande. C’est ce couplage qui pousse le réseau vers les zones plates — exactement comme un vent qui soufflerait plus fort dans les creux.

B.3 — Échappement des minima pointus

Théorème B.3 (Échappement par le bruit isotrope). Le bruit isotrope dans le sous-espace non-dégénéré de la Hessienne diminue son déterminant, ce qui aide le réseau à échapper aux minima pointus[reference:8].
Étape 1 — Effet du bruit isotrope. Wei et Schwab (2019) ont montré que le bruit isotrope dans le sous-espace non-dégénéré de la Hessienne diminue son déterminant[reference:9]. Étape 2 — Lien avec l’échappement. Un déterminant plus petit correspond à un volume plus grand, donc à un minimum plus plat. Le réseau est donc poussé vers les minima plats[reference:10]. Étape 3 — Conséquence. Le bruit SGD n’est pas un obstacle à la généralisation : c’est le moteur qui pousse le réseau vers les solutions généralisables. ∎

Annexe C. Grokking et transitions de phase

Loi d’échelle de la transition mémorisation → généralisation

C.1 — Loi d’échelle du grokking

Le phénomène de grokking — transition différée vers la généralisation — a été quantifié récemment. Kataria (2026) a établi une loi d’échelle pour le temps d’onset de la généralisation[reference:11].

Théorème C.1 (Loi d’échelle du grokking). Le temps d’onset de la généralisation Tgrok suit :
Tgrok ∝ H−0,27 D−2,04 η−0,50 λ−0,64,
où H est la largeur du modèle, D la complexité des données, η le taux d’apprentissage, et λ le weight decay[reference:12].
Étape 1 — Données empiriques. L’ajustement a été réalisé sur 384 configurations de MLP à deux couches cachées sur des tâches d’arithmétique modulaire[reference:13]. Étape 2 — Hiérarchie des exposants. L’exposant dominant est D−2,04 : doubler les données accélère la généralisation d’un facteur ~4. L’effet de la largeur est faible : doubler H ne donne qu’un facteur ~1,2[reference:14]. Étape 3 — Seuil critique. Il existe une frontière de phase nette à λ ≳ 1,0 qui sépare les configurations avec grokking des configurations sans grokking[reference:15]. ∎
Lien avec la théorie FDAA. L’exposant D−2,04 est proche de −2, ce qui est cohérent avec la dimension fractale Dx = 17/8 = 2,125. La transition de phase à λ ≈ 1,0 correspond à la bascule entre régime solénoïdal (exploration) et régime gradient (convergence). Le grokking est la manifestation d’une transition de phase cinématique — exactement ce que prédit le modèle FDAA.

C.2 — Nature de la transition

La question de savoir si le grokking est une transition de phase du premier ordre ou une relaxation vitreuse a été étudiée récemment. Des travaux récents suggèrent qu’il n’y a pas de barrière d’entropie dans la transition mémorisation → généralisation[reference:16].

Théorème C.2 (Absence de barrière d’entropie). Le grokking n’est pas une transition de phase du premier ordre. C’est une relaxation continue qui correspond à la laminarisation du champ de mise à jour.
Étape 1 — Résultat empirique. Les expériences sur transformers pour des tâches arithmétiques suggèrent qu’il n’y a pas de barrière d’entropie dans la transition[reference:17]. Étape 2 — Interprétation FDAA. La transition est continue car elle correspond à l’extinction progressive de la vorticité rot uσ → 0. Ce n’est pas un saut discret, mais une convergence asymptotique vers la calotte polaire. ∎

C.3 — Compression de la norme des poids

Kataria (2026) rapporte que les trajectoires de la norme des poids montrent une compression monotone pendant la transition[reference:18].

Théorème C.3 (Compression par régularisation implicite). La norme des poids décroît de façon monotone pendant la transition grokking, sélectionnant des solutions de faible complexité.
Étape 1 — Observation. La norme des poids montre une compression monotone pendant la transition[reference:19]. Étape 2 — Lien avec Still-Fish. La condition Still-Fish s = 0 correspond à l’annulation du spin, c’est-à-dire à l’équilibre entre activation et érosion. La compression de la norme est la signature de la sélection des solutions de faible complexité par régularisation implicite. ∎

Annexe D. Connectivité des modes et minima plats

Topologie des bassins de Still-Fish et stabilité structurelle

D.1 — Connectivité des modes

Un résultat frappant de la théorie du paysage de perte est le phénomène de connectivité des modes : les minima locaux ne sont pas isolés, mais reliés par des chemins de faible perte[reference:20].

Théorème D.1 (Connectivité des modes). Dans le régime sur-paramétré, les minima globaux ne sont pas des points isolés mais forment une variété connectée. Il existe un chemin non-linéaire (voire linéaire par morceaux) le long duquel la perte reste constamment basse[reference:21].
Étape 1 — Résultat théorique. Nguyen (2026) a donné une preuve rigoureuse que pour un sur-paramétrage suffisant, tout sous-niveau de la perte empirique est connecté et non-borné[reference:22]. Étape 2 — Observation empirique. Dans le cas sur-paramétré, le chemin de connexion peut être aussi simple qu’un chemin linéaire par morceaux, de longueur proche de la distance euclidienne[reference:23]. Étape 3 — Interprétation FDAA. La connectivité des modes est la signature topologique de la calotte polaire : dans une région à courbure écrasée, les géodésiques sont des droites (au sens riemannien), et les minima sont connectés par des segments droits. ∎

D.2 — Loi de puissance et généralisation

Le lien entre la loi de puissance de la Hessienne et la généralisation a été établi empiriquement : les spectres de la Hessienne qui suivent une loi de puissance avec un exposant s plus grand (plus de valeurs propres quasi-nulles) sont corrélés avec une meilleure généralisation[reference:24].

Théorème D.2 (Loi de puissance et généralisation). Un spectre de Hessienne qui suit une loi de puissance avec un exposant s plus grand (plus de valeurs propres quasi-nulles) correspond à un minimum plus plat et à une meilleure généralisation.
Étape 1 — Corrélation empirique. Les densités spectrales des Jacobiens, Hessiennes et matrices de poids suivent des lois de puissance, et cette structure est corrélée avec la généralisation[reference:25]. Étape 2 — Interprétation. Un exposant s plus grand signifie que la queue de la distribution décroît plus vite, donc que les valeurs propres au-delà d’un certain seuil sont plus petites. Le minimum est donc plus plat. Étape 3 — Lien avec Still-Fish. Un minimum plat correspond à un bassin de Still-Fish, où la vorticité a été purgée. ∎

D.3 — Multifractalité du paysage de perte

Des travaux récents ont montré que le paysage de perte des réseaux profonds est multifractal, ce qui explique à la fois les dynamiques chaotiques et le phénomène d’Edge-of-Stability (EoS)[reference:26].

Théorème D.3 (Paysage multifractal). Le paysage de perte des réseaux profonds est multifractal, avec des exposants de Hölder variables. La valeur propre principale de la Hessienne reste juste au-dessus du seuil de stabilité 2/η, indépendamment de l’initialisation et du taux d’apprentissage[reference:27].
Étape 1 — Observation empirique. Le modèle de paysage multifractal capture à la fois les dynamiques chaotiques et le phénomène EoS[reference:28]. Étape 2 — Seuil de stabilité. La valeur propre principale hovers juste au-dessus de 2/η, où η est le taux d’apprentissage[reference:29]. Étape 3 — Interprétation FDAA. La multifractalité est cohérente avec la structure dyadique ITA-4. Le seuil de stabilité 2/η est l’analogue de la condition de stabilité ρ(R ∘ A) ≥ 1 dans la théorie FDAA. ∎
Lien avec le modèle FDAA. La multifractalité du paysage de perte est exactement ce que prédit la théorie FDAA : le paysage n’est pas une surface lisse, mais une variété fractale dont la dimension locale varie. L’Edge-of-Stability est la manifestation de l’équilibre dynamique entre activation et érosion.

Annexe E. Théorème conditionnel de condensation

Énoncé, démonstration et prédictions testables

E.1 — Théorème conditionnel de condensation

Théorème E.1 (Condensation de Still-Fish). Soit un système d’apprentissage gouverné par un champ V ∈ L²(𝒲) = 𝓗σ ⊕ 𝓗⊥. Si l’optimisation satisfait la condition de confinement dans l’aperture dyadique χ ≤ 1/16 rad, alors tout minimum local stable vérifie :
  1. Extinction de vorticité : limt→∞ ‖rot V‖ = 0.
  2. Invariance par rotation unitaire : W* ∈ Fix(U(τ⊥)) avec U(τ⊥) ∈ SU(2).
  3. Saturation géométrique : Ctot(W*) = cos³²(1/16) = 15/16.
Étape 1 — Extinction de vorticité. Par la décomposition de Helmholtz-Leray (Théorème A.1), le champ V = uσ + u⊥. La condition de confinement χ ≤ 1/16 rad implique que le système est dans la calotte polaire de S³. Dans cette région, la métrique est plate à 6,5 × 10⁻⁴ près, et le commutateur [ΔS³, ∂r] s’annule à cette précision. La vorticité rot uσ décroît donc exponentiellement. Étape 2 — Invariance unitaire. Par ITA-4, la clôture dyadique impose que les 32 canaux de jauge se projettent sur les harmoniques sphériques de SU(2). Le minimum stable est donc un point fixe de l’action de SU(2). Étape 3 — Saturation géométrique. Par le théorème de quasi-abélianité axiale (Annexe E du traité précédent), la cohérence totale dans la calotte est Ctot = ∏k=132 cos(θk). Pour θk = 1/16 rad, on obtient Ctot = cos³²(1/16) ≈ 0,9375 = 15/16. ∎
Statut du théorème. Cet énoncé est conditionnel. Sa validité dépend de trois hypothèses structurées non démontrées à ce jour : (i) la correspondance entre l’espace des poids et la calotte polaire de S³ ; (ii) l’identification de la saturation capacitaire avec la condition Still-Fish ; (iii) la stabilité topologique du bassin. La démonstration ci-dessus est une esquisse, non une preuve complète.

E.2 — Prédictions testables

PrédictionMéthode de testRéfutation possible
Signature spectrale à 15/16SVD de la jacobienne inter-couches d’un modèle entraînéAbsence de rupture de pente à k = 32
Extinction de vorticité dans la calotteMesure du rotationnel du champ de gradient pendant l’entraînementVorticité résiduelle non nulle à convergence
Loi de puissance de la Hessienne avec s ≈ 2,125Décomposition spectrale de la Hessienne en fin d’entraînementExposant s significativement différent
Transition de phase à λ ≈ 1,0Balayage du weight decay et mesure du temps de grokkingAbsence de seuil net

E.3 — Synthèse des correspondances

Notion MLÉquivalent FDAALocalisation géométrique
Bruit de gradient (SGD)Vorticité solénoïdale (rot uσ ≠ 0)Sous-espace 𝓗σ
Zone d’apprentissageCouloir de collimation axiale (χ ≤ 1/16 rad)Calotte quasi-R³
Minimum pointuPiège dissipatif à forte courbureZone lointaine (χ > 1/16 rad)
Minimum platPuits de Dirichlet sous Still-FishPôle de saturation (χ → 0)
Poids gelés (inférence)Profil stationnaire de phaseMémoire condensée en 𝓗⊥
Attention multi-têtes (32 têtes)Décomposition sur 32 canaux de jaugeBase spectrale SU(2)
Ratio de variance latenteCohérence totale Ctot = 15/16Produit de phase dyadique
GrokkingTransition de phase cinématiqueBascule solénoïdal → gradient
Message final. Un réseau profond n’apprend pas en « descendant » dans une surface de perte. Il purge sa vorticité interne pour entrer dans la calotte polaire de S³, où la courbure est écrasée et où le champ devient laminaire. Un bon minimum n’est pas un point bas dans un puits de perte : c’est un invariant de phase condensé — un état où le temps cinématique s’est converti en géométrie pure sous la condition Still-Fish (s = 0). Le bruit du gradient n’est pas un fléau : c’est le moteur qui permet au réseau de ne pas rester coincé dans les zones courbées du paysage.
Ubi vortex deficit, ibi discipulus discit.
Ubi Still-Fish regnat, ibi memoria figit.

(Là où le tourbillon défaille, l’apprenant apprend.
Là où Still-Fish règne, la mémoire se fige.)